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Comment Big Tech devient Big Brother

“Les géants du numérique jouent un rôle de plus en plus important dans la société en général… dans quelle mesure ce monopole est-il en corrélation avec l’intérêt public ?”, a déclaré le président russe Vladimir Poutine le 27 janvier 2021.

“Où est la distinction entre, d’une part, les entreprises mondiales prospères, les services recherchés et la grande consolidation des données et, d’autre part, les efforts visant à gouverner la société […] en remplaçant les institutions démocratiques légitimes, en limitant le droit naturel des gens à décider comment vivre et quel point de vue exprimer librement ?”

Vladimir Poutine défendait-il la démocratie ? Ce qui l’inquiète c’est que les “Big Tech” pourraient acquérir le pouvoir de contrôler la société aux dépens de son gouvernement.

Ce qui est un cauchemar, c’est que les géants de la Tech ont pu censurer des informations favorables à Trump et ensuite censurer Trump lui-même. Comment les États-Unis ont-ils pu faire cela au président d’un grand pays libre ?

Poutine a fait ces commentaires au Forum économique mondial de Davos, où lui et le président chinois Xi Jinping, sous l’impulsion du “Grand Reset” d’une quatrième révolution industrielle, ont utilisé des phrases éclairées pour masquer les sombres plans d’un nouvel ordre mondialiste. Ainsi, Xi a mis en garde les participants “contre la nécessité de s’adapter à la mondialisation et de la guider, d’en atténuer les effets négatifs et de faire profiter tous les pays et toutes les nations de ses avantages”.


La menace des systèmes de surveillance intégrés aux données récoltées par Facebook, Google, Microsoft et Amazone, dans un gigantesque Œil qui voit tout, semble peu inquiéter. Et pourtant…

Facebook, Google et les autres monopoles qui se partagent ces données de masse ont élaboré des marqueurs de comportement et des signaux, à une échelle et à un rythme que peu d’entre nous comprennent. Données qu’ils analysent, empaquètent et vendent à tous leurs partenaires.

Un aperçu des mécanismes internes du commerce mondial des données personnelles a été possible grâce à un rapport de 250 pages d’un comité parlementaire britannique qui portait sur des centaines d’emails échangés entre les hauts dirigeants de Facebook. Entre autres choses, ce rapport montrait à quel point Facebook avait manigancé pour obtenir en continu des SMS actualisés et des demandes de données d’usagers comme vous et moi à partir de leurs téléphones Android. En réponse, Facebook affirma que ces usagers, pour que la compagnie puisse avoir accès à leurs textes et leurs appels, avaient choisi de participer.

La rapidité avec laquelle les droits de l’individu à la vie privée sont en train de dépérir dépend de la vitesse à laquelle le Big Tech et l’appareil de sécurité américain consommeront jusqu’à son terme une relation qui n’a cessé de les rapprocher durant cette décennie.

Tant que les agences américaines de surveillance n’auront pas un accès régulier et en temps réel au gigantesque réservoir de données collectées par Google, Facebook et Amazone, il sera anecdotique et de plate évidence de suggérer que ces planètes hier encore distinctes que sont le Big Tech et les agences de surveillance américaines, se fonderont très vite en un seul monde bureaucratico-d’entreprise, dont le pouvoir de tracer, trier, éclairer, manipuler et censurer les citoyens débouchera sur une version douce du Big Brother chinois.

La surveillance digitale en Chine est un outil-clé grâce auquel les autorités identifient et traquent les Musulmans et d’autres catégories sociales.

Dans la réalité, le Big Tech et les agences de surveillance sont d’ores et déjà partenaires.

Selon un rapport de Reuters de 2016, Yahoo a mis au point un logiciel pour filtrer les emails de ses usagers et rediriger les messages comportant un mot déclencheur spécifique, vers la NSA. Google s’active aussi avec les services de renseignement américains et le complexe de Défense, en vue d’intégrer ses capacités en intelligence artificielle dans les programmes d’armement.

Il n’est pas besoin d’être atteint de paranoïa aiguë pour imaginer à quelles collaborations en profondeur les compagnies détentrices de données de masse et les agences de surveillance gouvernementales pourraient s’adonner, ni pour s’effrayer où tout cela pourrait nous mener.

L’optimisme technologique et la vision utopique de monopoles d’information

L’envers de cette vision paranoïaque d’une surveillance d’Etat croissante est ce rêve que les nouveaux systèmes d’analyse et de circulation de l’information deviennent des forces en faveur du bien et non du diable.

Quid si Google aidait la CIA à développer un système qui filtrerait les Fake news, ou si un nouvel algorithme Facebook aidait le FBI à identifier des tueurs potentiels d’écoliers avant qu’ils ne massacrent leurs camarades de classe ? Si les êtres humains sont des machines à calcul rationnelles, filtrer les informations que nous recevons nous conduira-t-il à prendre de meilleures décisions ? Et fera-t-il de nous des gens meilleurs?


Le rêve d’un contrôle centralisé sur les pourvoyeurs d’information en situation de monopole peut servir des fins politiques plus prosaïques…

Un réseau national ou global de surveillance qui use d’algorithmes salvateurs en vue de remodeler les pensées humaines ainsi que nos actions dans une forme que les élites pensent être juste et bénéfique pour le genre humain, n’est en aucune façon le chemin vers un nouvel Eden.

C’est un chemin qui mène droit vers la prison des camps.


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