Social

En Chine, la reconnaissance faciale est une arme politique largement consentie


Depuis quelques années, la Chine domine le marché de la reconnaissance faciale. 63 pays sont désormais équipés en totalité ou partiellement avec cette technologie chinoise.

La Chine a pris une avance déterminante sur la technologie de la reconnaissance faciale. Elle permet d’identifier un individu en le filmant avec une caméra, équipée d’un dispositif d’intelligence artificielle pour repérer les traits d’un visage et lui associer un nom.


La Chine est, de loin, le premier pays à utiliser cette technologie nouvelle. 20 millions de caméras sont en service dans le pays. Elles sont utilisées pour surveiller le comportement des promeneurs dans les lieux publics, pour tracer les criminels recherchés mais aussi pour faciliter l’embarquement dans les avions ou les checking dans les hôtels.

Depuis décembre 2019, il est devenu obligatoire de passer devant l’une de ces caméras intelligentes pour obtenir une ligne de téléphone portable. Ainsi, les autorités peuvent associer les communications à une identité authentifiée.

De nombreuse applications possibles

Il y a aussi les usages politiques, comme au Xinjiang, dans l’ouest chinois, largement musulman, où la population de la minorité Ouïghour est très remuante et où il y aurait plus d’un million de personnes dans des camps de redressement. Même utilisation à Hong-Kong, en proie à de fortes manifestations contre le pouvoir et où Pékin repère ainsi les activistes.


Mais, il y a aussi d’autres formes de surveillance : une université de pharmacie chinoise vient ainsi de mettre en place des caméras dans ses salles de cours. Identifier les élèves qui sèchent, qui somnolent ou qui consultent leurs téléphones pendant les cours, tel est le but de l’opération. Et demain, on pourra identifier les conducteurs qui ont bu un verre de trop, rien que par leurs traits.

On pourra aussi repérer certaines maladies sur le visage, comme le diabète ou lire sur les lèvres. Sans parler de la détection des émotions que vous ressentez, déjà utilisée dans certains magasins pour prévoir le comportement d’achat des consommateurs.

Premier régime numérique au monde?

Et tout cela, la Chine est en train de l’exporter massivement.

Le seul géant industriel Huawei, a équipé plus de 200 villes dans le monde.


Mais d’autres entreprises chinoises font la même chose en Europe, en Asie centrale et en Afrique.

Selon la fondation Carnegie, 75 pays dans le monde utilisent la reconnaissance faciale à des fins de surveillance et 63 d’entre eux, les trois quarts, sont équipés en totalité ou partiellement avec de la technologie chinoise.

Cela donne aux Chinois des contrats mais aussi l’accès aux bases de données de visage. D’ailleurs, le Zimbabwe a laissé la Chine utiliser toutes les images prises sur son territoire.

Des concurrents arrivent sur le marché

La Chine qui domine le marché qui progresse de 20% par an. Elle possède la base de données la plus importante au monde, nourrie par le milliard d’adultes qui peuple son territoire.

Mais elle a quand même de petits concurrents : le Japon, les Américains, Israël et des entreprises russes.

Une start-up américaine est en train de mettre au point un dispositif, du maquillage et des implants, qui permettrait d’échapper à ce big brother des temps modernes en déformant son visage. Mais la Chine est déjà un peu plus avancée. Elle travaille à une méthode pour identifier les individus à partir de leur seule démarche.

Dans les grandes villes chinoises, la techno-surveillance est visible à tous les coins de rue. Les caméras de sécurité pullulent et l’usage de la reconnaissance faciale fait partie du quotidien.

Dans les rue de Shanghai, à tous les coins de rue, se dressent des mats équipés de deux, trois, quatre, cinq objectifs mobiles. Impossible de les louper. Les autorités locales semblent mettre un point d’honneur à les rendre les plus visibles possibles. La moindre ruelle piétonne est équipée d’un arsenal complet.

Le Shaming ou “mettre la honte”

En traversant un passage piéton,le feu de signalisation est équipé de caméras et d’écrans montrant les passants sur la voie publique. Une manière de rappeler que ces images peuvent être utilisées pour incriminer les contrevenants.

En Chine, la pratique du shaming est monnaie courante. Pour “mettre la honte” ou embarrasser les auteurs d’infractions, certaines villes diffusent sur écran géant les visages et les noms des chauffards. A la gare de Shanghai, ce type de procédé a même été utilisé pour dénoncer des mauvais débiteurs.

A ce système de shaming public s’ajoutent des conséquences fâcheuses pour les Chinois qui ne rentrent pas dans les clous.


Le système des “crédits sociaux” pénalise les citoyens indélicats, qui ne payent pas leur loyer à temps, qui n’acquittent pas leurs impôts ou qui diffusent des “fausses informations” sont susceptibles de se retrouver sur une liste noire, qui les prive de l’accès à certains services. D’après un rapport récent, 17,5 millions de Chinois se sont vu interdire l’achat de billets d’avions.

La Chine est un Etat policier assumé. Les forces de l’ordre patrouille en continu. Le moindre petit rassemblement est étroitement surveillé.

Dans les rues piétonnes de Shanghai, on remarque rapidement de petits véhicules de police qui semblent tout droit sortis d’une boite de Legos. Impossible de ne pas remarquer la caméra mobile fixée sur le toit du mini-combi.

Une caméra pour six personnes

La Chine a un plan de déploiement massif des caméras de vidéo-surveillance. Selon certaines études, le pays serait déjà équipé de 170 millions de caméras. Rien qu’à Shanghai, on en dénombre 3 millions. Les villes chinoises sont, de loin, les plus surveillées au monde. A Shenzhen, on compte une caméra pour six personnes.

La surveillance se fait dans les deux sens :
à l’aéroport de Shenzhen, au retrait des bagages, des écrans diffusent les images des bagagistes qui s’occupent des valises. Dans certains restaurants, les cuisines sont filmées, et les images sont retransmises à destination des clients.

Huawei, vendeur de techno-surveillance

Les entreprises qui déploient ces vastes systèmes de surveillance ne sont pas des inconnues chez nous. A la foire high-tech de Shenzhen, qui se présente comme l’équivalent du CES, la grand-messe de la tech organisée chaque année à Las Vegas, le stand de Huawei est particulièrement déstabilisant. Au Mobile World Congress de Barcelone, on a l’habitude de voir Huawei présenter ses derniers modèles de smartphones. Ici, à Shenzhen, Huawei axe toute sa communication sur ses systèmes de surveillance pour les grandes villes.

Huawei présente ses caméras intelligentes, équipées de la reconnaissance faciale. Le logiciel maison est capable de reconnaître un individu suspect dans une foule, explique la représentante du stand. Huawei présente également ses robots-policiers autonomes. Il s’agit de robots de surveillance, capables de faire des rondes sur des sites sensibles. Ils sont équipés de caméras, qui détectent les personnes et les mouvements suspects, et qui sont capables d’intervenir en cas d’incendie avec leurs propres extincteurs.

Une technologie banalisée

En Chine, la reconnaissance faciale s’est largement banalisée. Si elle suscite encore des craintes légitimes en Europe et notamment en Belgique, en raison du traitement de données biométriques individuelles sensibles qu’elle implique, cette technologie fait totalement partie du quotidien des Chinois urbains.

Elle sert à la surveillance, via les caméras postées dans les rues, mais aussi sur les routes. Tous les cinq kilomètres environ, des radars-tronçons flashent les automobilistes. Qu’ils respectent ou non la limitation de vitesse, les flashs crépitent afin d’identifier de manière certaine le visage du conducteur.

Payer avec son visage

La reconnaissance faciale sert également à réaliser des paiements. En Chine, l’utilisation des cartes bancaires a fortement diminué. Elles ont été remplacées par les paiements mobiles via des applications comme WeChat ou AliPay, la fonction de paiement du géant de l’e-commerce Alibaba. Ces paiements mobiles se font généralement en scannant un QR Code. Mais les utilisateurs peuvent choisir l’option du paiement par reconnaissance faciale. Vous pouvez payer avec votre visage chez Luckin Coffee, une sorte de Starbucks local.

Autre usage très répandu : l’ouverture de la porte d’entrée.

Les Chinois s’arrachent les serrures connectées, qui permettent d’entrer dans son appartement en scannant son visage. Certains systèmes sont connectés à l’application WeChat (sorte de combinaison entre WhatsApp et Facebook), pour autoriser à distance vos amis ou votre famille à entrer chez vous en votre absence.


Base de données complète

Tous ces usages banalisent la reconnaissance faciale dans la vie de tous les jours. Mais la crainte d’une surveillance massive des citoyens, via la reconnaissance faciale combinée à un maillage très dense de caméras intelligentes, existe bel et bien.

Sources :
https://www.rtl.fr/
https://trends.levif.be/


Que pensez-vous de cet article ? Partagez autant que possible. L'info doit circuler.


Achetez vos livres sur Amazon via ce site





























Votre aide est importante pour continuer...


SCANDAL - Les Hathor Actus © Elishean/2009-2020



id massa venenatis, vulputate, ante. mattis
%d blogueurs aiment cette page :