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L’industrie du Cacao fait toujours travailler des enfants


Ils seraient 2 million à participer à la production de cacao à travers le monde.

Il y a presque vingt ans, en 2001, les plus grandes marques de chocolat, parmi lesquelles Nestlé, Mars et Hershey, signaient un accord dans lequel elles s’engageaient à éliminer le travail des enfants sur les plantations de cacao.


Malheureusement, un nouveau rapport révèle que des formes dangereuses de travail des enfants persistent au sein de leurs chaînes logistiques.

Cette nouvelle étude réalisée par l’Université de Chicago indique que plus des deux cinquièmes (43%) des enfants âgés entre 5 et 17 ans qui vivent au Ghana et en Côte d’Ivoire, les plus grands producteurs de cacao au monde, sont engagés dans des travaux périlleux.


Cela consiste, entre autres, à utiliser des outils tranchants, à travailler la nuit ou à être exposé à des produits chimiques et dangereux. Au total, on estime que 1,5 million d’enfants travailleraient pour la production de cacao à travers le monde. La moitié d’entre eux grandissent au Ghana ou en Côte d’Ivoire.

Le récent rapport, commandé par le département du Travail des États-Unis, note que la proportion globale d’enfants travaillant dans le monde a grimpé de quatorze points de pourcentage cette dernière décennie. Parallèlement à cette augmentation, on remarque une hausse de 62% de la production de cacao sur cette même période.

Les géants du chocolat sont-ils coupables?

Face à ce rapport accablant, le géant du chocolat américain Mars rappelle être contre le travail des enfants. Il s’engage à donner 1 milliard de dollars pour aider à réparer et améliorer l’actuelle chaîne logistique de l’industrie du cacao.

D’après Charity Ryerson, fondatrice de l’association militante américaine Corporate Accountability Lab, l’industrie du chocolat est coupable d’une «hypocrisie stupéfiante». Si elle le voulait vraiment, cette industrie pourrait mettre fin au travail infantile dès demain, assure la militante.

Les entreprises qui achètent du cacao nient leur part de responsabilité.


Selon elles, il s’agit d’un problème complexe qu’il n’est pas facile de résoudre. Elles expliquent notamment leur échec par des dispositions légales (elles ne possèdent pas les champs de cacao où les abus se produisent) ou pratiques (le protocole Harkin-Engel, aussi appelé «protocole sur la culture et le traitement des fèves de cacao», n’est pas contractuel et couvre uniquement les pires formes du travail infantile).

Louisa Cox, qui travaille pour la Fairtrade Foundation, estime que davantage d’aides devraient être déployées pour espérer mettre définitivement fin au travail des enfants dans l’industrie cacaoyère. Il faudrait notamment instaurer des financements sur le long terme, ainsi que des services de formation, tout en aidant les agriculteurs et les agricultrices à diversifier leur activité au-delà du cacao.


En attendant la fin des parlottes qui ne servent à rien, l’idéal est d’arrêter d’acheter les  produits de ces sociétés esclavagistes. Certaines marques font la différence, c’est le cas de Tony’s Chocolonely qui propose un “chocolat sans esclavage”.

Tony’s Chocolonely: du chocolat enfin « 100 % sans esclavage »

D’un côté, six grands industriels (Mars, Nestlé, Ferrero…), qui possèdent 50% du marché mondial – entre 80 et 100 milliards de dollars par an. De l’autre, cinq millions de petits producteurs, qui s’échinent à longueur d’année pour moins de deux dollars par jour.

Côté filière conventionnelle, les producteurs sont sous payés, et contraints de se plier à des stratégies à court terme.

En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, les producteurs étendent leurs parcelles vers la forêt pour maintenir leurs rendements et leurs revenus. « On estime qu’environ 13 millions d’hectares ont disparu depuis les années 1960, en partie à cause du cacao, soit 80 % de la forêt ivoirienne originelle ».

Autre « solution » pour les producteurs sans cesse pris à la gorge : le recours toujours plus important aux intrants chimiques et … le travail des enfants.

 

« La déforestation, le travail des enfants et l’insécurité alimentaire sont les trois principaux impacts que la filière du cacao engendre sur les petits producteurs et leurs familles »

Ces dommages causés dans les pays de production sont la contrepartie sociale et environnementale de la valeur économique créée par la culture et la vente du cacao.


En réalité, même six les grosses multinationales mettaient en place des mesures pour stopper le travail des enfants dans leurs propres productions, cela ne ferait qu’augmenter le problème compte tenu de la précarité des petits producteurs.

Seul le commerce équitable peut apporter des améliorations lorsqu’il existe une véritable organisation collective des producteurs. 


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